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L'art de l'accueil et du partage : visites des ateliers, histoire du Piano

Quand une pianiste, pédagogue et professeur, décide de faire profiter ses élèves et étudiants de l'abondance du choix des pianos que propose Pétignac, cela donne une audition de classe mouvante et émouvante.
Les pianistes se succèdent, les timbres changent, du viennois 1832 au Pleyel 1843, du Petrof ou Yamaha pour arriver au Steinway & Sons grand concert, modèle D.
Les lieux, au rythme des déplacements et changements de décor, éclairent d'un jour nouveau les exécutions de pièces brillantes ou profondes.
Des images qui en disent long. Bonjour l'émotion, merci Catherine Schneider !

Jeunes des Centres sociaux et Culturels avec Piano en Valois 2005

Article paru dans "Angoulême Magazine" novembre/décembre 2005 par Martine Coué
www.angoulême.fr

Portrait :
Gérard Fauvin, marchand de bonheur


Sur le chemin on se demande bien qui on va rencontrer… Et dès qu’on a poussé la porte du Domaine de Pétignac, on le sait. C’est avec un amoureux de la vie que l’on a rendez-vous. Un homme qui a vraiment envie de partager avec vous sa grande part de bonheur, celle qu’il dévore à belles dents depuis qu’il est enfant. Qui s’habille des fois en clown, des fois en artiste, des fois (mais rarement) en passant. Un homme qui sait vous dire qu’en filigrane, ici, partout, il y a Fabienne, et que c’est finalement le plus important.
Un homme rare, un « oeuvrier » comme il se dit, qui a une règle. « Asseyez-vous, on va prendre le thé et parler tranquillement. C’est pour le magazine d’Angoulême ? Tant mieux. J’avais justement envie de rencontrer ses lecteurs : pour leur dire ».


C’est à lui que « Piano en Valois » a confié les élèves des collèges et Lycées de ces zones que l’on appelle « sensibles ». Il faut une bonne dose de complicité entre l’homme et le festival pour partager cette intime conviction. Si l’on s’y prend bien, la musique, celle que joue un piano, sait se faire aimer de tous.
« C’est une affaire de cœur » assure Gérard Fauvin « une véritable histoire d’amour ». Il suffit d’aimer quelqu’un pour partager avec lui sa passion. Et ces jeunes-là, je les aime. J’aime leur différence parce qu’elle m’apprend. J’aime leur approche parce qu’elle est sauvage. J’aime leur impatience, leur ennui. Leur langage parce qu’il faut que je m’y adapte. J’aime leurs regards, leurs sourires, mais aussi leur misère. Quand ils arrivent à Pétignac (parce que ce sont eux qui viennent ), ils commencent quelquefois par massacrer mes pianos. Ils tapent dessus en se disant, l’œil en coin, mais jusqu’où il va nous laisser aller celui-là ? et quand ils en ont marre, quand ils se rendent compte que c’est désagréable pour eux, je leur montre autre chose ».

Et là, c’est tout simple ?
Piano en Valois a commencé à semer des graines pour cultiver son public à 10 ans. Dans ce programme-là, moi, je suis le révélateur. Je mets juste les jeunes en présence des instruments. A eux de voir. En même temps, je les mets en présence de leurs aptitudes, celles qu’ils ne soupçonnent pas. Et pas uniquement leurs aptitudes musicales : je développe avec eux leur aptitude au bonheur, c’est beaucoup plus grave. Je fais en sorte qu’ils partent d’ici avec la tête droite. Qu’ils sortent de leur résignation. C’est terrible cette fatalité qui pèse sur certains. Je leur fais toucher du doigt leur capacité à jouer, à aimer, à s’aimer, à inverser le sens des choses, à s’emballer pour ce qu’ils avaient mis de côté. Je les laisse picorer librement, ça et là, le meilleur. Au « Domaine de Pétignac », ils sont ensemble et chez eux, et ça, ils ne s’y attendaient pas. C’est une véritable expérience pour des jeunes qui ne partagent d’habitude que la cage d’escalier. En partant, il me disent merci Monsieur, non merci Gérard parce que d’emblée on s’est tutoyés. C’était bien. Au-revoir ».

Et votre métier dans tout cela ? la restauration des instruments anciens ?
Je leur en parle bien entendu. D’autant plus que c’est un métier en voie de disparition. C’est un métier dans lequel on doit avoir la volonté de rester invisible pour un plus grand que soi : l’artiste, celui qui a créé le piano. Nous, on essaie de soigner, mais on ne guérit pas. C’est un métier qui exige discrètement le meilleur de soi-même. Quelle leçon à transmettre ! Quelle formidable leçon de respect, quant à soi, à ses origines, quant à la libre appropriation du message. Je leur dis toujours que ce qui est important ce n’est pas ce que l’on fait mais comment on le fait, en musique comme en tout. Et je leur dis que s’il y a une chose qu’ils ne doivent pas oublier, c’est qu’on a tous la capacité à rendre, à se rendre, fabuleux.

En exergue
« Et le mieux dans tout cela, c’est que Petit Pierre, et Sandrine…
Nicolas et Aziz, ils sont revenus justement ! »

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